Après vous avoir présenté les principes de bases des plateformes de paris ou betting exchange, je vous propose d’aller un peu plus loin et de vous montrer qu’il est possible gagner de l’argent avant même que l’événement sur lequel porte le pari ne se produise.

Evolution des cotes dans le temps

Pour un événement qui se produira dans plusieurs mois, les cotes des paris vont probablement évoluer. Typiquement, pour un référendum tel que le Brexit ou une élection présidentielle, la campagne électorale va influencer la perspective du résultat.

A titre d’exemple particulièrement significatif, la cote de Donald Trump a atteint les valeurs suivantes sur la plateforme Betfair 1)Les chiffres et les informations associées proviennent de cet article. :

  • 17  – le 4 février 2016 alors que Ted Cruz vient de remporter le caucus de l’Iowa
  • 6  – le 9 février après que Donald Trump a remporté la primaire du New Hampshire
  • 11,5  – le 31 mars après des déclarations controversées de Donald Trump notamment sur l’avortement
  • 3  – le 24 mai au moment où il est confirmé comme le candidat du parti républicain
  • 7,2  – le 13 octobre suite à la diffusion d’enregistrements où il tient des propos obscènes à l’égard des femmes et après des débats jugés peu réussis

Parier sur la hausse/baisse d’une cote

Pour rappel (cf. l’article précédent), à un instant $t$ :

  • Parier pour un événement, c’est miser une mise $m$ et gagner $C_{back,t}\times m$ si l’événement se produit ;
  • Parier contre un événement, c’est récupérer une mise $m$ et s’engager à verser $C_{lay,t}\times m$ si l’événement se produit.

On se place dans l’hypothèse où on a suffisamment de joueurs pour que les cotes ${C_{back}}$ et ${C_{lay}}$, soient à peu prés égales à un instant $t$ : $${C_{back,t}}\approx{C_{lay,t}}\approx{C_{t}}$$


Pour illustrer le propos, prenons l’exemple d’un pari sur la victoire de Donald Trump et les cotes successives suivantes :

$ {C_{fév}}=6 $, $ {C_{mars}}=11,5 $ et $ {C_{mai}}=3 $

Imaginons que ${I_A}$ parie avec ${I_B}$ en février sur la victoire de Trump avec une cote ${C_{fév}}$ :

  • ${I_A}$ verse une mise $m_1=100$ à ${I_B}$.
  • Si l’événement se produit ${I_B}$, devra verser ${C_{fév}}\times{m_1}=600$ à ${I_A}$.

 

En mars, ${I_B}$ peut décider de transférer son engagement envers ${I_A}$ en pariant pour la victoire de Trump. Il parie avec ${I_C}$ avec une cote ${C_{mars}}$ et une mise $m_2$ avec :$$m_2= \frac{C_{fév}}{C_{mars}}\times{m_1}= \frac{6}{11,5}\times100=52$$

Si Trump gagne, c’est ${I_C}$ qui devra verser à ${I_A}$ la somme ${C_{mars}}\times{m_2}={C_{fév}}\times{m_1}=600$.

${I_B}$ n’a plus d’engagement et a gagné la somme :$$m_1-m_2= (1-\frac{C_{fév}}{C_{mars}})\times{m_1}=48$$.

De la même manière, ${I_A}$ peut attendre que la cote baisse en mai et transférer son gain potentiel vers un autre individu ${I_D}$ en pariant contre l’événement.

${I_A}$ va récupérer une mise $m_3$ avec :$$m_3= \frac{C_{fév}}{C_{mai}}\times{m_1}= \frac{6}{3}\times100=200$$

Si Trump gagne, c’est ${I_D}$ qui gagnera ${C_{mai}}\times{m_3}={C_{fév}}\times{m_1}=600$.

Sans attendre le résultat de l’élection, ${I_A}$ a gagné :$$m_3-m_1= (\frac{C_{fév}}{C_{mai}}-1)\times{m_1}=100$$.

En mai, le bilan est le suivant :

  • ${I_A}$ a gagné $m_3-m_1=100$ en pariant sur la baisse de la cote de Trump,
  • ${I_B}$ a gagné $m_1-m_2=48$ en pariant sur sa hausse,
  • ${I_D}$ a misé $m_3= 200$
  • ${I_C}$ a récupéré $m_2=52$
  • Si Trump gagne, ${I_C}$ versera à ${I_D}$, la somme ${C_{mars}}\times{m_2}={C_{mai}}\times{m_3}=600$.

References   [ + ]

1. Les chiffres et les informations associées proviennent de cet article.